Publié par ORO Faozane

Les violations répétées de la constitution, l’incompétence  et l’incohérence du gouvernement, la mise à mal de la cohésion nationale appellent de tous une réponse citoyenne, civique et juste. Notre loi fondamentale dispose des outils de riposte à toutes menaces aux fondements de notre Nation. Il est temps de se servir de ces outils pour bouter hors de la marina l’intrus qui ronge les fils qui unissent le moteur de notre pays. Il est temps.

ARTICLE 53:

« Avant son entrée en fonction, le Président de la République prête le serment suivant :
« Devant Dieu, les mânes des ancêtres, la Nation et devant le Peuple béninois, seul
détenteur de la souveraineté,

Nous..., Président de la République, élu conformément aux lois de la République jurons solennellement
- de respecter et de défendre la constitution que le Peuple béninois s'est librement ;
- de remplir loyalement les hautes fonctions que la Nation nous a confiées ;
- de nous laisser guider par l'intérêt général et le respect des Droits de la personne
humaine, de consacrer toutes nos forces à la recherche et à la promotion du bien commun, de la paix et de l'unité nationale ;

- de préserver l'intégrité du territoire national ;

- de nous conduire partout en fidèle et loyal serviteur du peuple.
En cas de parjure, que nous subissions les rigueurs de la loi ».

Le serment est reçu par le Président de la Cour Constitutionnelle devant l'Assemblée
Nationale et la Cour Suprême. »

Je ne parlerai pas ici des conditions de la réélection en 2011 du Président Boni Yayi. Même s’il est aisé de constater pour tout esprit libre et éclairé que cette réélection ne s’est pas faite conformément aux lois de la République, qui ont été torpillées. La première entorse à notre constitution date de cette période. Mais très (ou trop) pacifiste, nous nous sommes tus et avons laissé le gouvernail de notre Nation à un intrus qui nous avait pourtant révélé toute son incompétence et son incapacité.

Le Chef de l’État a juré de « remplir loyalement les hautes fonctions » que la Nation lui a confié. Où est la loyauté quand le gouvernement dirigé par le Dr Président a pendant longtemps accepté les dons des responsables de ICC services et les a protégés de la justice nationale ? Où est la loyauté quand ce gouvernement a dit n’avoir rien su des activités d’ICC services alors qu’il avait régulièrement été mis en garde par les banques régulièrement installées et la Banque centrale des États d'Afrique de l'Ouest ? Les preuves pour impliquer le Chef de l’État ne manquaient pourtant pas. Son ex ministre Armand Zinzindohoué n’a-t-il pas affirmé dans un mémorandum avoir rencontré les responsables de ladite structure au domicile du Chef de l’État lui-même ?

N’y a-t-il pas parjure lorsque le Chef de l’État qui a juré « se laisser guider par l'intérêt général et le respect des Droits de la personne humaine, de consacrer toutes [ses] forces à la recherche et à la promotion du bien commun, de la paix et de l'unité nationale » affirme dans une interview à la Télévision Nationale, le jour de la célébration de l’anniversaire de notre accession à la souveraineté internationale, qu’il est prêt à affronter ses partisans du « Bénin profond » à ceux du reste du pays ? Où est la recherche et la promotion de la paix et de l’Unité Nationale dans des propos aussi belliqueux ? Où est la promotion de l’Unité Nationale et de la paix, où est le respect des droits de l’homme quand des compatriotes, en violation des arrêtés des juridictions nationales, croupissent sous les verrous parce que parents ou soutiens d’un « ennemi déclaré » du Président ? Le Chef de l’État nous a donné les moyens de le décharger de ses fonctions présidentielles trop lourdes pour lui, mais pourquoi nos honorables députés ne prennent-ils pas leur responsabilité ?

Le Chef de l’État ne viole-t-il pas la constitution, lorsqu’il jure sur les mânes de nos ancêtres mais refusent d’honorer les divinités ancestrales en boycottant systématiquement la fête du Vaudou ? Où est le respect des mânes des ancêtres ? Où est le respect de nos traditions ancestrales. On peut-être protestant et avoir la déférence nécessaire à ces forces sociales du pays. Notre constitution ne dit-elle pas que nous sommes un état laïc ?

Le Chef de l’État n’a-t-il pas échoué à son devoir de préservation de « l’intégrité territoriale du pays » quand dans la partie septentrionale  de notre pays le Nigeria et le Togo y bâtissent écoles et routes ? N’y a-t-il pas parjure ? Quand des manifestations  syndicalistes sont réprimées dans le sang et que notre Président y trouve que c’est de la peinture ou du sang de mouton,  n’est-ce pas une offense à notre peuple, un mépris des libertés syndicales ?

Tel un fauve vorace et insatiable, M. Yayi menace de bondir sur les béninois. Il nous menace de guerre parce que dit-il, quand le chef se fâche, c’est la guerre. Ne lui offrons pas l’opportunité de réaliser ses vils desseins.

Je ne veux pas aborder les questions CEN-SAD, PVI, Talon et le Coton. A vouloir énumérer tout les torts que le Président Yayi nous a causé, nous y risquons de nous y perdre. Et pourtant nos députés de l’opposition vocifèrent, exigent un dialogue national exclusif. Yayi n’a jamais écouté personne et n’écoutera jamais. Au mieux, rangera-t-il les  conclusions d’un tel dialogue dans les tiroirs. Notre constitution longtemps bafoué nous donne les moyens d’arrêter l’hécatombe. En 1989, le peuple souverain en paralysant le pays, les étudiants de l’UNB et toutes les forces sociales ont contraint Mathieu Kérékou à organiser la Conférence des Forces Vives de la Nation et la transition démocratique qui en a résulté.

Aujourd’hui encore nous sommes dos au mur. Les syndicalistes nous montrent l’exemple à suivre. Contrairement à la situation de 1989,  nous  avons un texte fondamental qui nous donne les moyens de restaurer notre état et de permettre un sursaut national. Yayi Boni ne fait plus partie de la solution aux problèmes du Bénin. Il en est l’un des problèmes. Honorables députés, prenez vos responsabilités avant qu’il ne soit trop tard. Agissez comme vous y autorise la constitution.

 

 Ayéfèmi Faozane ORO.

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