Publié par Ayéfèmi ORO

Portail du CNHU, Cotonou - Bénin
Toute la Grâce et la Gloire au Très Haut, Très Miséricordieux Qui nous guide sur Son Sentier, nous protège des affres d'ici bas et dont nous implorons le Nom contre les tourments.
 
Le hasard a voulu qu'aujourd'hui, nous soyons vendredi. Jour de prière pour la communauté musulmane et accessoirement, 06 Avril, nous marquons le second anniversaire du régime actuel.
 
Depuis le 06 Avril 2016, notre pays vit au rythme des réformes, voulues ou non, populaires ou non. Beaucoup de secteurs sont passés au cribles, notamment celui de la santé.
 
Et sur celui - là, j'ai l'impression que notre hôpital de référence échappe aux mesures.
 
Je veux saluer ici, la bravoure et la dextérité des médecins (notamment les internes) qui exercent au CNHU et dans nos hôpitaux publics. Je veux saluer leur humanisme et leurs sacrifices quotidiens au service de la santé et du mieux être de nos populations.
 
Malgré les erreurs, pour beaucoup dues à la surcharge de travail, au manque de moyens, les médecins pour la plupart se battent comme ils peuvent pour sauver des vies. J'ai vu les nombreux aller - retour des internes. Les consultations à gauche, les soins à droite, les plaintes devant et l'impatience des familles derrières. Malgré cela, j'ai vu des médecins qui se battent se donnent.
 
Le corps médical (au CNHU) n'est malheureusement pas épaulé par l'administration et par les autres corps, qui plombent le travail qui y est fait et précipite bien de nos parents dans des situations désastreuses, si ce n'est vers l'autre monde.
 
J'ai passé les 48 dernières heures dans les allées de notre hôpital. A courir dans tous les sens. A solliciter tel ou tel service. Et j'ai au fil de mes plaintes, compris que c'est une règle générale, mon cas n'est pas une exception.
 
Quelques observations :
 
1/ Le services des urgences. Je pense avoir longuement lu des expériences déjà partagées sur la qualité totalement passable de l'accueil, sur pleins d'autres dérives. Mais un seul point m'intéresse ici : le service de gardiennage à l'accueil des urgences. Quelle formation dispense l’administration du CNHU aux agents de sécurités privées postés à l'accueil du services des urgences ? Quels sont les éléments de langage qu'on leur enseigne ? Comment traiter des familles de patients désemparées et qui ne cherchent qu'à obtenir des soins pour les leurs ? Quand un agent de sécurité, en vient à bousculer un vieux de plus de 65 ans qui accompagne son épouse, il y a problème.
 
2/ La pharmacie : Je ne veux pas parler ici des pénuries chroniques de médicaments ou autres articles utilitaires. Mais comment comprendre que pour un hôpital aussi grand que le CNHU, avec l'affluence qu'il connait, il n'y ait qu'un seul guichet pour l'achat des produits pharmaceutiques. De longues files (j'ai fait plus de 30 mn à attendre dans une file de près de 08 mètres), alors que les patients aux urgences ont besoin qu'on les traite avec diligence.
 
J'ai vu une dame, devant moi, quitter la file après 15 mn pour aller à la pharmacie Camp Guezo, parce que sa soeur qui venait d'accoucher et était dans un état très critique avait besoin, dans l'urgence, des produits prescrits.
 
Combien cela coûte - t - il au CNHU d'ouvrir un second guichet et de le fermer aux heures creuses ?
 
3/ Des caisses. Pourquoi au delà de 10 heures, les caisses sont - elles fermées et une seule laissée opérationnelle ? Obligeant les familles de patients à de longues minutes d'attentes avant de payer et d'accéder aux services ? Votre parent doit subir en urgence une radio ou un scanner avant tout traitement, vous perdrez une bonne demie heure avant de pouvoir payer parce que sur 4 guichets, un seul et ouvert et que la file devant celui des urgences est plus longue encore !
 
Entre temps, on vous aura balancer de services en services. "Allez prendre un rendez - vous au service de scanographie avant de venir payer" vous dira -t -on. Pourquoi un rdv alors que c'est un cas urgent ? Au service de scanographie, vous avez déjà perdu vingt minutes avant que la dame ne voit sur votre papier que c'est un "trauma" et vous donne le fameux quitus et vous renvoie à la caisse pour enfin prendre en charge votre patient.
 
4/ Des promenades de mauvais goût. Quelle coordination entre les services au CNHU ? Aucune. On vous baladera de service en service; de "chefs en chefs". Et quand l'un d'eux se décide à vous prendre en charge, c'est pour dire "il est 16 heures, j'ai fini. Attendez l'équipe qui prend après. Il doit recevoir les papiers de l'équipe précédente, revenez donc à 17 heures". Wtf !
 
Personne ne va au CNHU par plaisir ou en tourisme. Nous y allons pour des urgences, pour la famille, pour nos patients. Et quand vous nous facturez chèrement les services, ayez l’amabilité d'être à la hauteur. Les parents de patients vivent déjà un calvaire du fait de l'état de santé de leur malade. Si l'hôpital au lieu de les soulager en rajoute, alors il devient un mouroir.
 
Le CNHU est - il un hôpital ou un mouroir ? Je ne vous souhaite pas d'en avoir la réponse.
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