Gaza: Le silence coupable des leaders africains
Alors que les frappes israéliennes sur Gaza se font plus meurtrières que jamais et que la population palestinienne de Gaza vit un drame effroyable, la communauté internationale peine à s’affirmer et obtenir un accord de paix. Plus étonnant encore, le silence des pays africains dont les dirigeants peinent à s’affirmer dans le jeu politique internationale.
Sous les frappes israéliennes de l’opération bordure protectrice, les victimes civiles palestiniennes se comptent par milliers. Un bilan qui s’alourdit d’heure en heure. Alors que l'armée israélienne continue de mobiliser ses réservistes, le bilan est désormais de plus de 1 330 Palestiniens tués, dont au moins 245 enfants et 7 300 blessés. Malgré les frappes indissociées d’écoles onusiennes et d’hôpital, la communauté internationale peine à imposer un cessez le feu et obtenir un accord de paix entre les deux parties. La réplique disproportionnée et violente d’Israel ne masque pas les crimes de guerre et crimes contre l’humanité qui sont commis sous nos yeux à Gaza.
Il est de plus en plus difficile de se dissocier de cette violence aveugle israélienne sans être taxé d’antisémite. Et pendant que le monde s'insurge contre cette nouvelle frénésie israélienne contre des cibles civiles, l’Afrique et ses dirigeants s’enfonce dans un silence assourdissant qui renie son histoire d’ancien continent occupé, puis résistant et indépendant. La célébration du Mandela’s day quelques jours avant le déclenchement de l’opération israélienne n’est pas sans rappelé cette phrase de Nelson Mandela, héros de la lutte anti- apartheid en Afrique du Sud. « Notre liberté n’est pas complète sans celle des palestiniens ».
Et pourtant, malgré une condamnation dans des termes les plus violentes de l’ANC, son parti « outragé ». Les termes diplomatiques de la prise de position de Jacob Zuma ne masquent pas l’embarras politique de l’Afrique du Sud et des dirigeants africains en général face aux réalités économiques et politiques. Israel est un partenaire économique important. Les marches et les protestations des rues sénégalaises, marocaines , mauritaniennes et tunisiennes ne cachent pas le manque de courage politique des dirigeants africains.
Si l’Algérie, Le Soudan, la Somalie et le Tchad ne reconnaissent pas l’État hébreux, beaucoup d’États africains entretiennent des relations avec Israel y compris l’Égypte depuis le traité de paix israélo-égyptien de 1977. Ce manque de courage politique pour décourager une agression inhumaine et barbare contre des populations civiles, une épuration ethnique des palestiniens par la puissance occupante est aussi un aveu d’échecs et d’impuissance de l’Afrique dans les relations internationales. Il illustre l’absence du continent des grandes questions contemporaines et l’incapacité de nos leaders. Ce faisant, ils nous isole de questions universelles qui touchent à la dignité de l’Homme.
Les braves palestiniens résistent et au prix de sacrifices suprêmes nous apprennent chaque jour que même libres nous demeurons enchaînés. Car, sans nul doute, notre « liberté est incomplète sans celle des palestiniens ». Mandela n’avait pas tort.
Ayéfèmi Faozane ORO