A l’école du modèle chinois
La Chine a connu, en soixante ans, un développement exponentiel, que ne régit aucune théorie économique. Le modèle chinois est, de plus en plus, cité en exemple pour les pays du tiers monde mais surtout pour les pays africains. Les différents modèles de développement n’ayant pas tenu les fruits des promesses, il convient pour les pays d’Afrique subsaharienne, de mieux cerner les subtilités de la politique économique et de développement chinoise afin d’y greffer les modèles africains en construction.
La présence chinoise sur le continent Africain s’est accentuée durant la dernière décennie. Au terme d’une inexorable poussée, la République Populaire de Chine est devenue, en vingt ans, le premier partenaire commercial de l’Afrique. Basée sur ce que ses dirigeants appellent « économie socialiste de marché » le modèle économique chinois s’est révélé profondément attaché aux valeurs de la société traditionnelle chinoise, tout en faisant une belle part au marché. La résistance aux récentes crises économiques, démontrent la solidité de son économie, fortement intégrée dans le système économique mondial.
Les raisons du succès économiques chinois.
Mais y a-t-il un « modèle chinois » ? Il y a certes un type de capitalisme autoritaire, fondé sur un contrôle social fort, un rôle central de l’Etat doublé d’un laisser-faire sauvage, qui s’est révélé suffisamment attractif pour les investisseurs étrangers, et a permis de faire décoller l’économie.
Mais, contrairement au modèle capitaliste occidental, il n’est pas nécessairement exportable en dehors du contexte politique bien particulier du post-maoïsme chinois.
Le débat aujourd’hui sur le modèle chinois est révélateur de la fascination que la croissance économique chinoise opère auprès des experts, les mêmes qui s’opposent paradoxalement à tout retour du contrôle de l’Etat alors que c’est un facteur-clé dans la réussite chinoise. Cette réussite chinoise l’a déjà propulsé au rang de seconde puissance mondiale devant le Japon et juste derrière les Etats-Unis ; qui pourraient perdre leur première place à l’horizon 2030.
Le développement chinois
n’est pas dû au seul système politique ou économique. La force de travail constitue également un atout majeur dont a su profiter le pays avec ses un milliards d’habitants. "c'est que la force de travail est un paramètre qui écrase les autres, dit-elle, et qui va fortement avantager l'Afrique sub-saharienne en croissance démographique rapide, au point qu'à partir de 2040, elle sera la zone la plus dynamique du monde avec une croissance moyenne de 5 % par an".
L’espoir africain
Si, l’Afrique engage les réformes nécessaires à une libre régulation du marché avec l’Etat comme protecteur des faibles unités de production et de la masse, la force de sa population jeune et active de plus en plus croissante constitue l’élément le plus important pour un réel décollage.
La plupart des pays africains ont modifié leur politique économique, procédant à des ajustements de la structure économique et améliorant la gestion dans des secteurs comme le budget, la monnaie et le taux de change. De grands progrès ont été enregistrés dans le contrôle de l'inflation et le déficit budgétaire.
Si les pays africains parviennent comme la Chine, à se doter d’une monnaie unique et forte à même de concurrencer le dollar ou l’euro, et comme la Chine, mènent une politique économique volontariste et rigoureuse basée sur la force de production, l’Afrique sera à l’horizon 2050 la locomotive de la croissance mondiale.
La réussite chinoise, constitue la preuve qu’avec un effort accru et une politique adaptée aux réalités socio-culturelles africaines, le continent peut connaitre un grand bond en avant et prétendre à une bonne place dans le cercle des émergents.
Ayéfèmi Faozane ORO